Le premier tour de passe-passe des initiant-es consiste à faire croire qu’une baisse de 12% signifie 12% de charges en moins pour chaque ménage. C’est faux. L’initiative ne touche que l’impôt cantonal. Le comité du oui passe sous silence que l’impôt sur le revenu ne baisserait dans les faits que de 5% les impôts des ménages, une réduction fiscale de 7% étant déjà votée par le Grand Conseil en décembre 2024. En revanche, l’impôt sur la fortune qui baisserait de 12% toucherait pleinement les grandes fortunes. Plus le revenu et la fortune sont élevés, plus le gain absolu est important. Dès lors, présenter l’initiative comme la seule manière d’aider la classe moyenne relève donc davantage du slogan électoral que d’une politique responsable et ciblée du pouvoir d’achat.
L’efficience de l’État ne consiste pas à couper 300 millions sans choisir
Oui, l’État doit être exigeant avec l’argent public. Chaque franc doit être utile. Mais c’est précisément pour cette raison qu’il faut refuser l’initiative. Une politique d’efficience identifie les problèmes, fixe des priorités, améliore l’organisation et mesure les résultats. L’initiative fait exactement l’inverse : elle retire automatiquement 300 millions de francs de recettes chaque année, sans identifier un seul gaspillage à supprimer et sans dire quelles missions pourraient être abandonnées. Le camp du oui ne dit jamais dans quelles prestations de l’Etat il souhaite couper afin de palier la baisse d’impôts de 12%. Nous dénonçons ce manque de courage et de clarté de leur part vis-à-vis de la population vaudoise.
Les réserves du Canton de Vaud ne sont pas sans fond, et après ?
Les initiant-es invoquent aussi les réserves et les recettes passées du Canton. Mais une réserve est un stock, alors qu’une baisse d’impôt permanente réduit les recettes année après année. Financer durablement une diminution structurelle des revenus avec une réserve ponctuelle n’est pas une gestion prudente : c’est repousser la facture jusqu’au moment où il faudra couper davantage, s’endetter ou passer la facture aux communes.
Le vrai coût : moins de prestations, ou la facture transférée aux ménages
Voilà un autre paradoxe de l’initiative dont le camp du oui n’a rien dit aujourd’hui : promettre quelques francs de moins sur la facture fiscale, puis faire payer davantage pour les prestations que l’impôt finance aujourd’hui. Le pouvoir d’achat ne se mesure pas seulement au montant de l’impôt ; il dépend aussi du coût des primes, de la garde des enfants, des transports, de la formation et de l’accès à des services publics de qualité. Et cela il n’en a pas été question aujourd’hui lors de la conférence de presse des initiant-es
Le 27 septembre, refusons une politique du chiffre sans projet
Le Canton de Vaud doit rester exigeant sur ses dépenses. Mais l’efficience n’est pas l’austérité automatique, et la bonne gestion n’est pas l’assèchement volontaire des recettes. Une fiscalité responsable doit préserver à la fois le pouvoir d’achat, la solidité des finances publiques et les prestations qui font l’attractivité du canton.
Le 27 septembre 2026, pour protéger les services publics et le pouvoir d’achat réel des ménages : NON à l’initiative des 12 %.
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